poematique expiraTOIre
Je vous écris. une écume sur un peu d’eau salée. qu’il faudrait saisir sur un buvard ou qui dessinerait du hasard … j’imagine seulement que vous existez, car pour sûr, vous êtes dans une autre frange du monde. alors vous écrire, pour cette illusion presque parfaite de tenir à quelque chose. ou à quelqu’un ? je ne tiens à personne. et quand je dis tenir ce n’est pas autre chose que saisir, l’ancre intérieure. il me faut sans cesse couper ma main et ce qui repousse devient plus maigre, rachitiques liens de doigts, surgeons éprouvés en creux de substance. j’en sais toujours plus sur la taille des arbres, sur l’élagage et la tonsure, je vis un amour chauve. j’ai le mal naturel des ronces, les épines exponentielles, je profite à fond de la maigreur du terrain… je vous écris. c’est une tentative de séduction, un tour poisseux pour racoler vos ailes. un éventail d’appâts postés sur les transports. vous avez lu n’est-ce pas, ma livraison de fruits mûrs le poison délicat que j’y instille jusqu’à votre écœurement. comment pourriez-vous me prendre !