poematique expiraTOIre
j'ai carburé au fuel de campagne, du causse, du pâturage partout. ce jour. avec un arrêt matinal dans une ville fabuleuse le moyen-âge du nom de la rose peut-être: villefranche de rouergue. je ne me souvenais pas de tant de mystères accrochés dans les pierres. on voudrait la déshabiller de ses frusques modernes et la purifier dans les flammes anti pubs... elle serait la plus belle des villes imaginaires.
la route se déroule. najac. une arête de maisons avec un château haut très haut.. des pavés jaunes et gris très clairs. pas une âme ce matin ..trop tôt peut-être . mais je suis là errante et fascinée. le ciel se découvre. bleu enfin! la campagne est bocagère des châteaux presque partout tous plus beaux les uns que les autres... je roule me laisse engloutir dans la beauté calme de ce pays. et puis je glisse vers mon but. lentement presque à reculons castanet le village où repose mon ami mort à Pâques, loin de moi et sans que je puisse même lui dire au revoir... sa tombe est une horreur. triste plus triste qu'une fosse commune. un grand poète couché dans le plus petit coin d'un risible cimetière -poésie poésie-, recouvert de pots divers de fleurs séchées de fleurs en plastique, de terrines passées.. dernière demeure. comme j'aurais voulu alors le soulever de là le mettre sur mon épaule ce colosse de 120 kg et l'amener à la lumière comme j'aurais voulu ne pas devoir partir quitter cet endroit où je sais bien que je ne reviendrai jamais et où se séparent en cet instant définitivement nos routes. j'ai versé la terre de mon jardin ancré un collier de perles bleues dans le sol en lui donnant la forme d'un coeur...fini. dernière demeure
tout le monde est un abandon.