poematique expiraTOIre
patience. chambre claire aseptique. mes pieds sont toujours aussi laids, jaunes bien sûr et cette chemise de nuit, fendue à fesses décousues. pour dieu sait quel avantage.
je vais aller m'étendre, -on va... serait plus précis-, la table raide et plonger mes jambes dans une glace cimenteuse. anesthésie. j'écouterai ces docteurs jouer à feuille caillou ciseau, plonger dans mes intérieurs et visiter mes corridors. avec un oeil de verroterie et une lampe de spéléo.
j'attente, je patience. ce sont mes actions majeures, mes arcanes quotidiens. hermite de saison, hermite de raison hermite de passion. je découvre une passivité lourde, le surplace, le laisser choir. je n'ai ni bras ni jambes, plus que ce crâne dans lequel tourne sans fin une tune jetée pour le jukeboxe. je tente une vocalise, je graille de l'aiguille, mon chant gondole, je frise de la portée. callas a la jaunisse... oui ici tout est jaune. mes pieds , ma peau , les murs et la cire qui bouche cette journée