poematique expiraTOIre
j'ai mis mon chignon japonais, crayons pinceaux pour piquer les cheveux, un vrai mikado dessus la tête. je n'ai pas plus de gueule évidemment mais est-ce l'important...? maintenant pour être bien, faut que je maintienne ma propre indifférence, que je tisonne un intérieur sucré. je reste tranquille, j'équeute des cerisiers, j'arase les bambous, je sors au lampion. mes impudeurs ne font plus qu'un rond rouge dans l'eau de mes lèvres et mes yeux sont d'un noir tout bas. je me prends pour une mésange, un vieux cyprès penché sur un ruisseau. je trace dans le gravier mon joli labyrinthe et même quand je suis en colère, ma voix semble chanter. je serai presque parfaite tantôt, presque... j'aurai la bonne pâleur, la bonne texture, tissée au peigne. je ne souffrirai plus ni du jour qui s'en va ni du jour qui s'en vient. je n'écrirai plus , sûrement même, car je me serai coupée la langue à force de la mordre, comme on mord un crayon pour bien tenir son cri