poematique expiraTOIre
le sol de ma cuisine est bleu. certains pensent qu'il suffit de le dire pour y voir des desserts à l'orange. il est grumelé de sel et d'épices dans lesquels se promène le chat. on pourrait alors imaginer des moutons ou des nuages. je passe le balai. je rectifie le cobalt avec de l'eau de robinet. l'animal ne va-t-il pas se mettre à nager? manquerait plus ça! des poils à la rame et du canoë. ma cuisine aurait plu à l'homme des tikis. maintenant, saurait-elle donner à celui des tipis de quoi se rincer l'oeil? j'imagine souvent ouvrir ici des parenthèses de vin fin, des entremets de cailles et du vent en gelée. j'imagine souvent un feu qui prendrait au lac, l'urgence médicale des oracles. on verrait sortir alors du linoléum de la sirène et des ambulances. on se prêterait au jeu des seringues, on viderait le poison.
et ensuite, allongés, lui sur mon sable et moi sur le sien, on écouterait la mer et l'intérieur