poematique expiraTOIre
toi, revêtu de ta peau d'étranger
couverture sombre sous nos soleils crus
toi d'ailleurs
de ce que je ne saisis pas
- ma main se tend en vain-
baigné nourri des âmes en exil
toi, dépareillé de tes semblables
exogène sève dans le verger d'Eden
toi l'Afrique l'Orient
aux accents de piments et de miel
jusqu'où t'ai-je poussé tassé encoigné dans tes cages
jusqu'où ai-je perforé ta fierté et combien de fois
pour qu'elle coule tant
de ton sang et maintenant du sang des autres
jusqu'à quelle nuit d'injustice
quelles souillures quelles révoltes
t'ai-je conduit
comment ignorerais-je le dessin rouge que ton coeur explosé a fait
partout sur ma face et mes enfants
comment ignorerais-je que c'est l'innocence qui saigne
la tienne gangrenée
et celle des victimes
et que ce ne seront jamais
ni eux ni toi
qu'il fallait crever
mais ce miroir parfait dans lequel mon monde si laid se mire