poematique expiraTOIre
quand je serai morte ici, je serai encore vivante une flopée de fuseaux horaire plus loin. je gagnerai ainsi un jour pratiquement sur ma vie(ou alors sur ma mort?) jusqu'à cette ligne funeste où à l'instant même de mon décès, je serai en fait déjà si dure et crispée qu'on n'aura pour moi plus aucun baiser.
ainsi morte ici à midi, Montréal aurait encore six heures de bon pour profiter de moi, pour me parler, me faire ses adieux ou ses touchants aveux. il suffirait aussi que je m'élève assez pour laisser le monde tourner et le temps même ne me toucherait plus. je ne vieillis pas. le temps seul le fait et j'en veux pour preuve que j'ai autant de comportements enfantins, de pensées loufoques, d'incompétences mentales et de désirs impérieux qu'il y a un demi-siècle. mon corps garde en lui un éternel même esprit.