poematique expiraTOIre
tu me demandes d'écrire? quelques mots, pas trop. faire des histoires à ces burins, une autre suie sur les papiers?
ta ville te prend à coeur, à même la glèbe. plus invasive de jour en jour. prescription d'encre. à prendre avec l'aube. thé et doses de pulpes et jus. mettre un peu de dynamite dans la soucoupe. l'aurore arrache ses morts en bol de racines. motte incohérente dans laquelle se glissent mes vers et d'autres vieux rêves depuis longtemps enfouis.
je saisis la bêche que tu me tends. ainsi, le territoire des ancêtres, ces travailleurs appliqués, ces volontaires aux bras noueux. je creuse mon trou. je sais ce tressage de cheveux et d'os, ces entassements troublés d'une généalogie sans ciel et qui se tient sous l'outil. et puis l'aube, l'aube qui chaque fois fait cet effort de décollement de la lumière. elle veut, peut-être, transposer mes branchies vers une source plus bleue, de l'oxygène pur? un dieu, peut-être, fait son jardin ou alors est-ce à la réa qu'il extirpe notre quotidien?
tu me parles je crois de transmutations secrètes et qui nous déparent. le temps est un bon ouvrier. il a toujours de l'avance. il oeuvre.
doit-on se tenir à ces choses du passé ou faut-il pelleter un nouveau destin? jour après jour, les êtres changent. nostalgie encore de mon ancien visage et du tien sans doute que je n'ai pas connu... comment donc accepter ces nouvelles figures? comment voir dans le miroir ce temps mort en transparence...? la question prend le sens de traviole. on biaise, on louvoie. se regarder si crûment flanque le trouillomètre dans des sphères indicibles. sous nos pas c'est bien la terre des anciens, des cadavres à dire juste. alors comme une ironie en biseau aux quatre coins de l'image, on dit " au jour le jour..."