poematique expiraTOIre
quelques heures déjà, il pleut. j'ai froid et ce sentiment, comme une mousse sur l'eau, de quelque chose qui ne peut plus jamais revenir... c'est hors de portée. c'est humain. je ressens, cela rentre sous la peau, s'étale, se dissout. je ressens le frisson de tenter des choses inutiles, si vagues.
je pensais réussir, de par la force que je voulais. je pensais réussir à changer quelque chose, à y changer quelque chose. la vie allait prendre un autre cours, allait vraiment changer. le cours de ce que je devais vivre. prendre une autre direction. j'allais faire front de toutes ces injustices au fond, ces petites injustices, mises bout à bout, acceptées bout à bout aussi. j'allais faire autrement, je partais vers du différent, du mieux... je pensais ainsi.
mais, j'ai toujours froid, la force m'a quittée je sais. elle a dû céder la place. l'eau qui coule est aussi forte que celle des barrages. il n'est pas en mon pouvoir de remonter le courant. certains disent qu'il faut accepter. qu'il faut surfer sur... je me demande si je n'ai pas franchi le point de non-retour. si maintenant n'est pas justement ce coude où l'effort se casse et vous ramène à votre point de départ.