poematique expiraTOIre
Texte sans parole, épiderme qui suinte, parchemin qui suppure. La peau exhale ses mutismes, ses dires profonds, une sorte de relent, un parfum, un reste d’air revenu des cuissons. Cela fait des bulles, autant de libres vaisseaux qui remontent vers la surface et ne m’appartiendront jamais plus. Je ne prononce plus rien, tout cela demeure en moi et puis traverse secret les tissus par les pores ou les glandes. J’écris avec une coudée de suint une sudation parmi tous les silences. Plus envie de mettre en forme ces corridors de pensées, le chant, le désir, ces offrandes humaines sur des paumes et de belles nageoires. Être en soi, simplement rester, se fixer à ses parois intérieures. Cœur autiste, blessé carbone fossile. À la recherche de protection. Dans le scaphandre. Et mes yeux sous le globe, derrière des grillages, convertie cloîtrée, à l’abri des eaux, du courant et des planctons…c’est ce que vivent les gens de mon espèce. Conscients de l’eau, de la mer et des algues, conscient du ciel juste là- haut en- dessus. Mais sans parole ni d’oiseau ni d’écaille