poematique expiraTOIre
psychologie à deux balles de la paumée qui plume à tour de bras.on pourrait dire qu'elle vidange du texte autant que de la boue. elle a pris l'habitude, oh! depuis longtemps et pour cause, de se parler. faut bien, et ça, ça développe le truc intérieur, le propre, le perso, comme ils disent.
les dialogues qu'elle n'a pas eus, elle les a monologués maison. je tiens le je, je tiens le tu aussi... comme l'a écrit longuement Sanchez. elle pareille c'est je suis deux, voire trois pour deux en période prospère. ce moi qui murmure ce moi qui parle et cette beuglante terrifiée qui chute dans les cabinets de service. pour ça, elle manque jamais d'arguments. mais qu'est-ce qu'elle cherche à prouver, on n'est ni sourd ni aveugle...!
je la connais moi aussi sa chanson. elle c'est presque la frangine, la jumelle selon l'expression du broc. elle écrit mais il y a comme une vieille injustice une sorte de révolte inassouvie qui traîne là-dedans, une rage de vaincue d'avance. quand elle y va de son couplet, je sais déjà ce qui se trame et si elle ne connaît pas ses propres ficelles, moi , moi je les vois. elle cherche réparation. comme après la guerre. oui réparer ce truc qui a cassé tout, qui a brisé le futur et chaque présent qui passe. la rédemption en somme. je sais ce que cela a de risible mais qu'y peut-on ! ce ne sera pas la première qui construit sa vie sur l'hypothèse littéraire .
là où le passé a martelé qu'elle n'avait rien pour être aimée ou simplement aimable, elle voudrait que le présent dise non, loin de là! mais pas un petit non médiocre, elle cherche un non aussi sublime qu'elle a paru alors immonde et nulle, qu'elle a dû vivre ingrate et solitaire. un non intense, comme elle sait qu'elle est devenue à force de solitude de verbe intérieur... un non qui sortirait d'un semblable- hormis sa souffrance- rien qu'un seul semblable et toute la vie serait fausse et toute la littérature serait vraie quoi...
elle construit son poème, le tend chaque jour par-dessus l'horizon comme une proposition pour changer le cours des choses, comme elle l'a tendu déjà de nombreuses fois vers d'autres points cardinaux. mais ce qui se passe, pauvre folle, c'est que jamais un non ne se dressera et que chaque retour de silence est une confirmation parallèle de la bonne raison qu'on a eu un jour de la déclarer si inepte...chaque silence est une pierre lourde pour la bâtisse de la vie gâchée, et un trou dans le poème.