peu de temps. pourtant dehors il neige. oui l'entier du temps est empli de blanc, empilement. la maison se ratatine et quelque chose siffle dans les tuyaux à chaque nouvel effort de chaleur. est-ce un souffle qui ferait mal dans la poitrine de la vieille baraque? je ne sais pas. j'écoute simplement. c'est un premier jour et comme tous les premiers jours je crois du moins si je me souviens, il y a une porte mal ouverte ou mal fermée et qui me tient sur le seuil . attentive au rester et au partir, en même temps.
dehors le temps et moi comme un voyageur qui s'en irait faire du tourisme. je vais vers mais quoi encore. le sol est blanc, pure illusion de chemin, pure illusion de tapis volant. je vais m'en aller. j'ai déjà vécu cela et oui j'avais fait un identique premier pas. j'avais dit que le plus dur n'est pas de partir non le plus dur c'est toujours de revenir, de se réinscrire dans le rail sans coke, le rythme ordinaire. le plus dur, le plus angoissant, cette idée étonnante de faire des choses inutiles ou alors de sentir sans cesse la roue ou la spirale. se déplacer vers le retour.
la porte est encore ouverte. vais-je me lancer? vais-je franchir le cercle cossu des choses qui tiennent à coeur ou lancer le ballon et courir ?
le dos est chaud. déjà la face est grise. mais l'air est vif. le froid entreprend des purifications, des tueries de nostalgie. saccages dedans. il ne restera rien et je vais m'élancer ou suivre, projeter le dos de mon ombre en avant.