poematique expiraTOIre
je vais dans tes pages, là où ma terre met ses crochets de vivre, de la racine ou de la source. j'y nage à fond la poussière, la tenture de gypse, les plâtres dépenaillés. ce sont mes veines, mes espoirs de fuite. l'écrit presque trait pour trait de ma sécheresse et des décrépitudes. le désir s'y offense, à me tordre. j'y suis comme une danse brûlée. je vais entre tes lignes, parce qu'elles me griffent qu'elles me ruissellent jusqu'à la dernière goutte, que j'ai là des raisons de souffrir, ton absence, bien encrée. tes mots jetés pour tous les autres, ces bouches ouvertes qui te touchent. moi j'ai le ventre serré , serré de ne pas être. et je te prononce je t'encharne sous ma peau, te greffe dans la voix, que tu me sortes par les trous de poème. je marche dans tes pages harassée de fatigue, plus haut que l'air et le mal de respirer, les poumons calcinés de l'effort. je marche avec une montagne de pierres sur l'amour.