poematique expiraTOIre
musique. jamais elle ne sortira assez fort. je voudrais qu'elle cogne contre mes murs, que s'étendent ses ombres oblongues, abîmées et qu'elle repousse très loin mon horizon étroit. je voudrais qu'elle traîne, les hardes effarouchées de ce vent du Nord et que j'habite enfin une toundra, très noire avec comme la lune qui dormirait dessus. des caillasses, des mousses, de l'hiver partout. je remets la Baltique dans ma tête, la bouche fermée cousue par le froid. je m'imbibe. une cloche sonnera de je ne sais où. pour la mort sans doute, pour le tocsin ou pour dire ce hoquet de Dieu. je voudrais qu'elle rassemble dans sa danse mes cérémonies funestes, mes empreintes glaciaires, que des hommes en peau de chasse battent le sol. je voudrais revenir au temps des colonies humaines masquées de fourrures, les sociétés muettes des banquises.
musique jamais assez puissante pour tout ce silence dont elle est chargée.
je m'aligne
elle écrit sur moi les origines lépreuses d'où je crois venir, les peintures de guerre de la yourte.