poematique expiraTOIre
Un chenal, étroit, un port, le fond d’un escalier où s’entasseraient des humains, que sais-je... des têtes s’y baladent, flottille d’émotions.
comme des nénuphars aux parfums divers, la peur, l’étonnement, la béatitude exquise de la mort en goguette.
on se laisse embarquer, défilé régulier entre les vagues. ce sont des gouttes de corps qui n’ont pas encore réussi à se dissoudre, des billes de chair au contact premier avec l’eau, de la sueur définitive en chapelet.
l'Inde peut-être.
Il est des fleuves qui chapeautent ainsi des bouquets de couleurs, des colliers, des rubans à attraper la mort.
on regarde passer, on regarde s’enfouir.
l’eau lentement les absorbe.
chaque tête coupée est un dahlia qui meurt,
la boucle de pétales d’une vie qui se referme en glissant au fil de l'eau