poematique expiraTOIre
essai de façonnage du fleuve. l'eau dans la cage de verre des poissons. belle forme carrée adhérant à la
structure.
alors prendre entre mes mains le flux. serrer pétrir et lâcher, pour voir... mes épousailles de courant ne
donnent pas grand-chose. je ne bague aucune rivière dans le goulet de mes doigts, même en m'y
appliquant beaucoup.
pareil des agitations de sentiments, ensemble humide que je ne sais coincer contre un mur, ni détrousser,
ni modeler, ni contenir, tout plaqués contre moi. ils m'échappent, glissent par les fentes, par toutes mes
fissures, mes crevasses mal vécues. je suis un corps troué, une outre percée qui voudrait bien garder
l'amour mais ne le peut. reste en moi cette image de ma passoire dans l'évier plein. jamais elle ne m'a
paru autant se surpasser que noyée dans le grand tout de l'eau.