poematique expiraTOIre
Paul Rebeyrolle
dans le cadre en verre, l'image coule. tentative d'échapper à sa cage sans doute. les saignements cannibales qui y sont retenus cherchent à glisser peut-être vers un espace où s'éclateront au grand jour leurs terreurs ou leurs cris. mais pour l'instant la bête, -depuis des années que dis-je-, se contente de mordre au sang le bras tendu. tyran d'un autre siècle qui boulotte la fraternité des ambulances. je vois dans cet oeil si rond le volcan et cette douleur estropiés d'une femme en dislocation. les outils d'encre et de rouge ont poli la détresse de ces agressions jusqu'à les glisser sous verre. à portée de moi qui n'ai aucun pouvoir si ce n'est celui de remettre en belle et due forme la litho à sa place. dans son rectangle de verre parfait et lisse.