poematique expiraTOIre
ai-je le choix? me taire ou alors... c'est le jour du mort et l'ancien matin se plaint dans les murs. dois-je revivre ça ou dépasser ces pellicules de l'aur-heure? jour de chrysanthèmes, c'est bien ce 27 octobre qu'il s'en est allé, le père. j'essaie de ne rien retenir. mais cette écope à souvenirs, cet outil greffé sur la langue ne semble jamais pouvoir rien évider. monter ces escaliers cent fois grimpés revoir ses jambes maigres sur le sol , comme des perches d'amour tendues depuis la mort. et comprendre à l'arrache que sous cette carapace de chair grise mon père a tenté d'enfermer son dernier souffle. solitaire toujours même là. oui, sous mes yeux, ce corps, qui n'en a jamais été un dont j'aurais pu retenir une chaleur, mais dont je ne cesse de revivre la glace dure.
ai-je le choix? me taire ou alors.