poematique expiraTOIre
"aime" comme m-ots.
long espace habité, les nuits. landes ouvertes et tellement d'oiseaux.
puis désenvoûté,charme rompu ou enchantements de disparition. plus personne plus rien.
on s'habitue. c'est presque le même mot d'ailleurs qu'habiter.
ce U qui change tout et qui a sûrement provoqué le dérapage.
je crois trop aux formules magiciennes.pourtant,en perdant un
amour - vous l'avez expérimenté j'en suis certaine- ce sont aussi tous les mots qui étaient les siens qui s'enfuient et vous
échappent.
le glossaire amoureux disparaît.des phrases interdites, des
images,ces pensées qui étaient les empreintes dans lesquelles je
posais les contours et l'imaginaire amoureux. le monde entier dans
lequel je vivais et disais le sentiment, le paysage construit tout
autour, cet ensemble, devenu terrain vague miné.
l'abandon
...des lieux propres, de ses bois, ses lacs, du canal, et cet
effroyable tas de ses oiseaux morts maintenant
l'imaginaire privé de la sorcellerie même de l'amour...oui. la
langue aussi.
même les tournures par lesquelles je faisais mes apprivoisements,
l'habit cousu de nos noces...
même le mouvement, le déhanché de mes phrases, le développé de ma
danse, mon style.
même les images qui éclataient en bulles grosses comme des maisons
mais si transparentes... ma voix quoi.
tout cela désormais mis sur des étagères, classé feuillets dans
les herbiers de l'amour et de la parole