poematique expiraTOIre
ai-je le choix? comment dire sans chercher parmi mes vieilles images, mes objets, mon paysage familier, ce quelque chose qui vous ferait saisir ce que je vis?
comment exprimer l'étrange, la fascination, l'état hypnotique qui en a depuis le premier instant coulé?`
comment faire ce portrait en silhouette ou mimer mieux cet indicible au-dedans de moi qui rend cette chose à la fois d'une extrême réalité autant que d'une extrême intangibilité?
comment dire je tends vers, je suis poussée vers, je flèche le sens?
comment dire la quête autrement...?
sexe, mon herbier de mots, mon catalogue des paroles, mon inventaire de tensions
sexe mon interprète, ma monnaie d'échanges
sexe ma langue déliée, évidente lumière sur le puits
sans toi si brutal, si polymorphe, si clair, sans ces coups frappés sur la membrane qui sépare nos corps et nos âmes
sans toi si caché, inexprimable, métaphores enfoncées, chair à chair, presque fusionnées sans jamais parvenir
sans sexe, comment saurais-je dire alors à un être la fracassante vérité d'un désir essentiel et sans peau?
c'est cela qui rend le refus de ce désir-là si insoutenable et misérable, cette sensation d'avoir usé d'images et qu'aucune n'a été perçue comme porteuse d'une autre chose plus grave plus belle et sans compromis.