poematique expiraTOIre
île Hishima
il n'y a qu'un mot dans ta mitraille, -je veux dire l'enchaînement nerveux de tes sons- qui me dise quelque chose... "espace" .
ne suis pas sûre d'ailleurs de l'avoir perçu. il est dans le cirage, si camouflé, si brassé, si perturbé de gestes, de bourdonnements, de la musique de la colère.
après, j'ai beau chercher dans l'air, il est loin. il a suivi les absorptions de l'oxygène, espace pompé dans l'espace. bu, méconnaissable et dissous.
c'est l'idée alors qui reste, la seule que je retienne...espace, as-tu peut-être dit...? et que je prends pour solde de tes pensées. 2 secondes de son qui maintenant poursuivent en mon oreille notre dispersion, la dissémination - leur sémantique proliférante et sauvage-.
ce bref claquement de lèvres et de langue que ça a fait, ouvre les images, développe le négatif de ta rage de dire. et apparaît l'immense lointain dont tu as besoin.
je m'y évade moi aussi car il me faut l'arpenter, tenter de percevoir ses marges, qui ne sont pas atteignables. je dois m'y affoler ensuite comme perdue ( pour savoir la perte) et je suis bel et bien perdue.
à cet instant même, tu as dit espace et voilà que notre île a disparu, noyée et moi avec.
prodigieux zoom arrière Google Earth. l'histoire, un mot, vient de nous projeter dans l'infinie distance.