poematique expiraTOIre
parfois la vie me rentre dedans. elle m'envahit, elle fait des intrusions si violentes, des secousses électriques qui me projettent hors de moi. comme un boutoir d'événements qui me font déborder, me repoussent hors du vase.
des incidents, parfois presque rien, mais qui m'obligent à perdre le temps précieux, qui montent sur la journée comme un abcès, qui occupent toute la tête, le corps, les gestes. une ampoule qui saute et qui est inatteignable, la perte d'une clef ou le banal d'une tôle froissée.
ce jour, c'est là que le bât blesse. je me rends compte de cette puissance déstabilisante, de son indice de perturbation, de sa consommation énergivore. mais pire que ça, l'événement pénètre ma pensée, en prend de larges morces, y plante les dents, établit là son camp de base. impossible à chasser malgré la mise à distance façon " je reste zen en toutes circonstance".
les chemins du coeur ou de la sensation sont coupés, les voies d'accès en zone de fléau rouge. même l'amour n'y pourrait rien. je suis envoûté par les fantassins de l'anecdote. maintenant assise, remise, affaire réglée presque, je reste comme une vase troublée, avec des mouvements qui par ondes continuent de zébrer mon accès à l'écriture, à la poésie, à une espèce de beauté de marbre dont j'aime caresser le calme froid.
ce jour, je l'ai débuté sans doute en sortant du rêve par la gauche. l'ampoule a sauté, ai oublié ma clé et j'ai embouti la voiture du chef de la police. pas grand chose, rien, un pli d'acier presque imperceptible sur le rutilant mais qui imprime encore sur le fil de l'eau calme cette ride en 45 tours perpétuels.
et mon aiguille qui saute toujours