poematique expiraTOIre
me recentrer...
il y a le monde vrai et puis celui où tu existes vraiment. le monde vrai dans lequel je garde- brave soldat- les frontières, le no man's land, les cent pas raidis, le geste amidonné.
c'est intégré: je suis vivante, je crois.
et puis l'autre qui est celui de l'instable passerelle, l'ombre clandestine dans le tapinois. pays où je scrute à l'indienne, le code secret d'un ADN qui t'incruste dans mon souffle. tu existes vraiment mais je ne suis pas toujours certaine de l'être encore.
dans le rêve, on ne sait pas notre mesure de vie. ras bord ou à sec? pas vrai...?
je dois me recentrer, dit la carte psycho du jour. ( me ressentrer peut-être)
me confier à nouveau à mes sens, mes capteurs, mes antennes fébriles. percevoir le mouvement et l'odeur. yeux nez bouche oreille et peau.
mettre sous capuche, le sixième, qui est bavard, qui est faucon, celui qui monte droit haut, qui chasse, qui va à la cible en un éclair de pupille.
dans le faux pays où tu es vrai, il est roi sans conteste. il a découvert les Amériques en montant en- dessus de ma chair et de la maison. vigie pas sûr, éclaireur oui.
j'ai deux messages de survie, celui du vrai , celui du faux.
tiraillements de conscience. la peau a soif , l'âme est désertée.
ne sais pas choisir. la vérité a de ces tyrannies... la vie: vraie faussement ou fausse vraiment?
je dois me recentrer.. mais n'est-ce pas ce qu'on dit aux gens qu'on veut "brave soldat"..