poematique expiraTOIre
le cahier se remplit, filet ramenant de la nuit entre les pages.ces chenilles, ces insectes sortis peu à peu du mur noir des songes, sur la feuille, dispersés ayant trouvé là, leurs petits sarcophages de syllabes. ils remplissent ainsi des espaces, talochées de paroles contre le silence. tout alors semble former un état, un pays où je pratique l'errance naturelle.
nous allons coudre nos bruits
dos à dos
tu porteras ma bosse
je soulèverai la tienne
la nuit notre seul repaire de boucans mal dressés
m'en vais consolider le cri,
nos ébréchures, le cristal quand passent les tornades
à la buée de feu
ce sont les saisons de la pluie et ses aiguilles de lumière
nous piétinons le jardin d'étincelles
alarme de rizière sur le bitume
rien ne pousse
qu'une rumeur
la jute sale des paillassons de l'âme
le bruit des tuyaux, les canaux bavards qui marchent sur le toit,
inondent nos communs
il pleut de la nuit
la terre devient crépitements de feu et nous...
nous agitons les crécelles du dire.