poematique expiraTOIre
c'est dimanche, seul jour de la semaine dont je prononce le nom en sachant de qui ou de quoi je parle. dimanche.
je reçois. ce n'est pas souvent. c'est pour maintenir à flot mes capacités manuelles, c'est pour les liens, c'est pour mettre des épices sur le temps morne du miroir.
j'ai un tablier violet. en vert, brodé dessus "je croque la vie". je vais me plaquer ça sur le ventre vite fait et on va bien voir si les mots n'ont aucune valeur!
la table est déjà mise, nappe anthracite et serviettes cardinalesques striées de jaune et orange. une chose de faite. mis l'argenterie - héritage- seuls couverts que je possède. j'en oublie les décennies maigres avec des sous cachés dans des enveloppes pour tenir jusqu'à la fin du mois et ma fuite plus tard, trop tard, avec 2 sacs Migros vers la liberté sans accessoires. revanche glissée sous la mort par le père , professeur: les fournitures scolaires du vivre bourge.
au menu: choucroute de la mer, version allemande réussie. je visionne mal encore l'entrée qui devrait selon moi éclater en couleurs explosives.contrastes nécessaires.
occupation des mains, du corps. détacher les mots du jour, comme on faisait autrefois, décalcomanie de lettrages et les plaquer dans le concret. ces je vous aime beaucoup transformés dans le conte du quotidien en portions délicieuses à mettre droit dans leurs bouches.
ils mâcheront mes poèmes, pour une fois, leur trouveront une saveur, au minimum. peut-être feront-ils à leur tour des bulles silencieuses... comme ces poissons désormais bien tranquilles.
