poematique expiraTOIre
la phrase, cette chose qui déboule dans la tête, comme un être très effarouché, qui collerait un instant, une fraction de seconde, contre le hublot de mon sous-marin. parfois une algue, parfois un débris, crevette immobile dans ses écailles grises ou mérou - aïe ! le mérou.
il n'y a souvent que de l'eau et ses papillons végétaux qui dansent sur la route.
le ciel est gris encore.
(oh! retrouver les mers du Sud, les caprices rouges des coraux, le turquoise...)
silence du matin. la fenêtre n'a pas de phrase suspendue en guignol devant mon vélo submersible. Bocal trempé ce jour dans une seille de fer blanc. je ne contemple que les frappes du marteau qui a rétamé ma prison.
me mets au défi de remonter mon profil de saumon à la clé de douze. j'entends bien que grince le ressort, que je vais pouvoir barboter longuement dans l'obsession inutile de franchir l'écluse.
ma boussole butera affolée contre la paroi métallique.
c'est mardi. on a entendu partout l'appel du soleil. j'ai fait mes dévotions comme tout le monde. j'attends maintenant que se déchire le rideau de fer et de passer dans des films en Technicolor.
la vie va reprendre ses droits comme elle prend ses hauteurs.
je vais m'en sortir pourquoi pas. m'en sortir oui ..pourquoi pas.