poematique expiraTOIre
envie. prendre pointe, serrer doigts. agripper mains. ouvrir. fermer. reprendre.
faire tourner l'absence de la roue assez vite. monter. descendre genoux. pousser. passer haches à droite, à gauche. mailler l'effort.
baisser tête. enfoncer cou. remonter épaules sur les oreilles. poursuivre coeur bivalve coché sur la cage thoracique.
ânonner affairée atonique. soupirs et cascades.rattraper maintenant mon souffle, le peloton de tête qui palpite, la grimace jaune qui bat le record.
fermer ouvrir. pétrir le sol -ou l'air avant le sol- massage cardiaque de la terre avec pédales. régulier. important le rythme. parler -parlez-moi madame! ne lâchez pas!
parler seule à des guidons fantômes. entretenir la chaîne huileuse des conversations. il importe d'avoir le juste débit, de déverser son flot sans à coup, comme au salon.
fixer un but, la ville le pays, le continent suivant, qui est derrière la fenêtre, juste derrière. attendre atteindre.
imaginer la fin glorieuse et la chute à la ligne, au point virgule aux guillemets finaux. imaginer le noir qui s'enfile dans la laine des yeux, col roulé col passé l'estomaquant chrono battu. 20 minutes battues par 20 autres minutes ce jour.
chaque matin l'exploit sportif et cet instant ou je verserai, épuisée dans l'étourdissement réussi.
gagner mon étape.
encore une aube à la ligne blanche