poematique expiraTOIre
fin de vacances.
pour passer au travers de cette dernière chaleur, décidé de dormir, de sucer ma petite poudre d'escampette et voilà le résultat:de 14heures à 19h.,un bon sommeil effaceur d'encre, allongée dans le bureau.
je fais le décompte des jours accomplis et de ceux qui n'ont rien trouvé pour me plaire et me sentir vive.
je voulais traverser l'océan, c'était mon rêve de l'hiver. je me voyais progresser à l'intérieur, repousser mes limites, goûter à d'autres idées, mélanger des histoires. un été idéal.
et puis non, je suis allée à Bruxelle tâter de mon esprit d'entreprise et connaître les joies solitaires des repas en terrasse où on ne t'accepte pas, vu que tu occupes une table pour deux et que tu es seule. l'anormalité te dévisage.
jje voulais accueillir chez moi., offrir le gite et le couvert, le jardin où planter sa tente,et mes beaux légumes bio à grignoter avec du rosé si frais... en fait, personne n'est venu. j'habite le bout du monde.
alors j'ai exporté mes pas dans les balades de nos touristes, jouant petit profil, muet pour ne pas me sentir déportée.
je voulais pédaler tous les jours pour des cuisses de béton
je voulais écrire, trier, préparer quelques textes pour des revues, des éditeurs... ça attendra en vrac. encore
je voulais avancer quelques travaux: le peu fait vient confirmer que je suis une pro de la bricole! Pfff...
j'ai pensé agrandir mes liens, mais m'affirmer n'a fait que creuser l'écart. n'être pas d'accord sur des choses m'a permis de découvrir mon âme analysée disséquée et mes valeurs leur sont si laides. personnalité transgressive sans égard pour les autres, trop narcissique, trop égoïste. d'un fait banal, c'est allé au saccage de mon âme, grande malade. distorsion courante où l'on dévie sur l'être pour réfuter un fait tout simple.
et puis j'ai écrit de jolies choses, cuisiné de bons plats, soigné le jardin, protégé le chat, j'ai entendu des musiques sublimes, vu quelques films délicats, admiré des expos. j'ai pris soin de lire ces autres qui me manquent, de poser ma main sur leur poignet pour le pouls qu'ils ont et me rythme.
j'ai fait des rêves étranges des couleurs d'au-delà. j'ai laissé passer l'aube, chaque jour, cassé les pendules. j'ai peint les salles de bains et avec, des bouts de mes cheveux. j'ai pleuré et j'ai ri.
maintenant je rassemble tout cela, ce grand paquet plus ou moins inutile, puisque plus de laisons. une boule vanille sur la dernière terrasse