poematique expiraTOIre
braise, ce mot
qui ne grésille jamais dans mon histoire
braise à coudre à la machine
point de feu follet en zigzag, ivresse des tourbières
braise
crépitements de l'aiguille dans des symphonies joyeuses
tu agites la musique comme on secoue des lessives de corneilles
braise, ce mot
faille d'un sac de halètements
c'est cela
ces retours d'air sous la force du jouir
comme un écrasement
braise,
lourdeur chassant de moi des noeuds et des rivières
expulsion à la petite chaîne
tu me tiens par les hanches
cornemuse à évider d'amour
braise, ce mot éteint
lampe recouverte d'un foulard pour tamiser le cru de mon combat
je mords dedans
torchon de douleurs accusant ma soif
étreinte de salives et de bulles
braise,
picots posés à l'explosif
le ruban brûle entre nos cuisses
divinité des lames, des pointes que tu cloues autour de mon cou
avec des lenteurs fourbues
te repaissant de chaque flamme de chaque agrafe
je perds la tête aiguisée à cette guillotine
braise, ce mot
entre des doigts qui passent
une main vient de frôler mon tas de cendres
et dessous ces bois morts
des milliers d'yeux rouges fusillent l'air tranquille.