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poematique expiraTOIre

à pied

 

 

le dimanche, c'est soit on sport, soit on dort. moi je marche à fond. le ciel parfois fait tout en escarpins et puis parfois aussi il a tout du tapis roulant. je pars. ma ville s'appelle Fri-bourg et je suis de la campagne. quoi de plus naturel que nous échangions nos places pour une fois,  les citadins et moi.  je leur cède mon mini golf et j'investis leurs vieilleries de pierre. 

en avant pour le bourg de ma liberté, si  j'ose.

 

parking de banlieue.  vide bien sûr,  la salle d'attente écolo pour rouler en sympa bus !- tu penses!... jamais vu un seul me sourire !

je coince mes écouteurs sur aléatoire et je vais, de là sans rien attendre du tout arpenter la ceinture extra large de la gueuse  affranchie cité. mais très vite j'oublie mon volontarisme fitness-santé et me laisse embarquer par les tilleuls de la grande allée. je suis fleur bleue, qu'il a dit. personne nulle part. aucun sportif encore en mal de maux divers, pas d'enfants, pas de vieux, juste moi et mon petit bétail intérieur, idées noires et blanches au gré de winehouse. et soudain tiens donc un pré naturel!  un pré de 3 mètres sur 3,  bien fauché tout autour coupe GI et cette crête bien coiffée emplie de fleurs qui m'aspirent vers l'enfance.  toutes ces espèces folâtrant dans leur petit enclos... mais à quand les jardins d'acclimatation pour nos gentils amis les végétaux? ... je poursuis  et, ironie du temps, au bout du chemin, la manchette du journal  folâtrant elle parmi mes culpabilités: triste printemps sans abeilles. titre qui fout le bourdon.

je prends le pays par derrière, par ses périphériques de dortoirs, ses rails et ses étendues mortes puisque chacun s'empresse à faire vite ce qui se doit sous ses draps, rêves, amour ou le grand rien à deux mains. c'est facile, ça descend lentement sans que je n'aie d'autres tâches que me laisser porter par mes souvenirs, par mes vieux démons et mes feuillets de mémoire. là vivait mon amour d'adolescente- 6 ans perdus à y croire, tudieu je suis tenace!-, là une concierge acariâtre, et là-bas  plus loin c'était déjà d'interminables marches pour écraser le chemin trop dur...

...

le coin était toujours idyllique, quoi qu'il se passe de moche, ici je me croyais échapper au pire. un château, le seul de ce style au Nord de la frontière des Alpes,  le Palatinat.  mais le jardin est détruit, les chemins défoncés, des roulottes de chantiers, des fers, des bétons, des grilles partout. on construit un pont, un pont routier qui sauvera peut-être la ville de l'asphyxie automobile. je marche.

poya.jpg

 

premiers sportifs, premiers toutous, une heure de balade ça vous réveille une ville. l'appel de la cloche pour la prière et Sydney Bechet qui beugle dans ma tête un boogie d'enfer, ô  fritures divines.

descendre encore jusqu'à la rivière qui sera un fleuve après bien des mariages consanguins... je franchis la passerelle qui bouge, l'esprit raidi sur son idée fixe -même pas peur! même pas pe..- et le corps dans l'instable. métaphores métaphores!  derrière moi les planchettes de bois tombent une à une et je dépose le pas sur l'impossible filin qui vole,

la passerelle des Neigles, où je jetai mon âme tous les tremblements d'amour

neigles.jpg

 

je suis au fond. longer maintenant la rivière  et tenir à distance les hauteurs, les lignes immortelles des maisons. longer aussi un bar si crado que j'imagine la nuit quand on veut cette fois jeter pour de vrai son âme mais  son corps avec..

la ville si délicate perle du temps, la Basse-Ville, autrefois le repaire des bouseux à la langue pavée de grimaces, étire une lassitude étrange. il ne passe ici plus que des poignées d'anges, silencieux et passifs suspendus dans l'air en attendant que ça nous passe. je m'arrête. café croissant terrasse vertige et plongeon en apnée dans le coeur de l'eau. juste en face  pour m'épater un jour un homme à sauter dans l'eau ..il y en avait 40 centimètres mais le geste avait tout d'un saut de l'ange. il a eu froid  et  il a dansé longtemps à poil sur son lit en décrétant des choses improbables...je bois la Sarine.

 

ange2

 

L'eau et cette fleur inutile poussant suspendue dans le mur... où trouve-t-elle sa terre?sur le vide

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sarine et le fleuve encore rivière où se suicident les anges...

 

 

 

débuter maintenant les ponts et les tunnels . tout le reste du chemin  faire des  traversées sombres et des traversées lumineuses. passer. suivre les trouées les enjambées, adapter le pas suivre progresser sans doute avec son quota de perforations, son butin d'ascensions et cela qu'il faille le faire le dos voûté ou la cambrure en soleil. que ce soit entre la bête et l'ange. tresser ma route avec de l'eau. la rivière fidèle qui trame la vie et la route.  et moi qui fais tout dans le sens contraire, comme si je voulais remonter mes saumons et redéfinir le courant des choses. athlète à contre champ. qui a dit que j'allais vers l'enfance? l'art m'attend c'est sûr. est-il un grenier à poissons

a.jpgaa.jpgaaaa.jpgaaaaaaaaaaaaaa etc....

 

monter. m'accrocher aux branches, tirer ma fatigue vers le retour. la pente à fleur de précipice.  en bas le lac où j'ai noyé mon premier polar. celui que le barrage retient et dans lequel doivent nager mes sirènes...j'habite la banlieue de la mer. dans mes gravières, les ammonites et d'anciens couteaux. je sais d'où viennent mes rocs et mes sables, mon temps.

une fillette me regarde. elle me salue, je suis une dame?...je monte avec aux oreilles les échelles en étoile d'une soprano à la messe. je me laisse dompter. ..la ville c'est juste après cet arbre qui a décidé de planter sa destinéeab1.jpg au travers de ma route.

 

tour de ville par les champs. mais retour au pacage  des voitures. le temps se gâte. je retourne au bercail par le seul boulevard de Fribourg...j'ai cerné mon sujet en 2h 3/4.boulevard.jpg

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Commenter cet article

jl 31/05/2012 20:18


un certain Louis Arti a écrit que pour lui l'étranger commençait quand il sortait
de chez lui !


 

annaj 31/05/2012 20:30



...et l'étrange aussi dès qu'on en saisit l"r"



jl 31/05/2012 20:06


Comme certaines notes de voyage à Paris, un beau regard sur le monde

annaj 31/05/2012 20:08



petit le monde..t'avoueras



Fernand 20/05/2012 18:26


Trois heures de marche ... il y a là de quoi vous donner des ampoules / des idées.

annaj 20/05/2012 19:21



et pour vous qui avez une adoration - justifiée  oui - pour les pieds des femmes je pense que cela fera flores..  merci Fernand!