poematique expiraTOIre
même dans l'ignorance des sens, quand les mots me sonnent, knock-out intermittents, viennent vers moi les identiques histoires, les images copeaux des basses terres, des fonds naturels de la mort et de la vie.
transferts-limites, secousses d'arcanes électriques, l'attirail d'ondes et de tellurgies en déroute.
tisserande, ne suis-je pas un poème, une fabrique aux longues pattes et venin d'hypnose ?
un radeau ramène vers moi les malles closes et les secrets.
chaque navette reconstruit mon instant de dentelles et dessine mon étoile.
doigts tendus sans bague
pays sans lumière où balbutient des lucioles.
le temps est gris, ocelles de grives ivres posées sur mon doigt. il tache.
ce sont des empreintes dans le relief de la peur, des casseroles à recueillir l'eau sans couleur, posées comme des bouches d'orgue sous la pisse des dieux.
ô danse de la pluie
il ne reste maintenant que les détails cuisants pour administrer l'âme de vie.
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l’eau est dure comme sur un négatif Agfa
fugace impression de pierre et de dentelles avant l’église
dimanche matin de tuf et de basalte des bénitiers de lumières
je prie, minerai et fluide entre les tempes, une onction alternée des phases électriques.
je ceinture la pensée d’un diadème d’eau de roches
tout ce qu’il faudrait pour me laver des migraines
et pourtant, même à dose homéopathique, les dieux ne vident plus les cinabres de carotide.
on passe les remèdes sous la table comme un pougnon
fraude philosophale. or ne change pas, transmutation magique des images en saints de porcelaine dressés comme des pylônes sur ma poitrine en marbre froid.
statuettes des mânes de ma vie
je les aligne par ordre de décadence sous le porche de mon imaginaire.¨
grossièrement dit.
« surtout pas toi » que j’ajoute « à la partition des fautes… »
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Série noire.
ô cette pérennité des souches quand l’arbre est amputé de ciel
je suis des racines qui renâclent à desserrer l’étau de terre.
je fixe encore des orbites de sciure mon profond univers.
« le néant n’a qu’à bien se tenir… »
et ce regard dur et droit des troncs tranchés pointe des prières lentes et secrètes que ne méritent pas les dieux
et pas non plus les hommes.
que devenir, le printemps sans floraison et blessures oranges
que devenir, mes ombres qui cherchaient chaque été leur ramure
que dire, demain d’avoir laissé faire
les esprits ont fui avec une faim triste les marges du jardin
et dans l’étouffement gris des solives célestes, je sens une brisure capitale, fracture des espaliers du bonheur.
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textes dédiés à G. Merloni pour la distribution de secousses amicales et encouragements ce jour