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poematique expiraTOIre

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7 avril

 

 

 

même dans l'ignorance des sens, quand les mots me sonnent, knock-out intermittents, viennent vers moi les identiques histoires, les images copeaux des basses terres, des fonds naturels de la mort et de la vie.

 

transferts-limites, secousses d'arcanes électriques, l'attirail d'ondes et de tellurgies en déroute.

 

tisserande, ne suis-je pas un poème, une fabrique aux longues pattes et venin d'hypnose ?

un radeau ramène vers moi les malles closes et les secrets.

 

chaque navette reconstruit mon instant de dentelles et dessine mon étoile.

doigts tendus sans bague

pays sans lumière où balbutient des lucioles.

 

le temps est gris, ocelles de grives ivres posées sur mon doigt. il tache.

 

ce sont des empreintes dans le relief de la peur, des casseroles à recueillir l'eau sans couleur, posées comme des bouches d'orgue sous la pisse des dieux.

 

ô danse de la pluie

 

il ne reste maintenant que les détails cuisants pour administrer l'âme de vie.

 

 

**

 

l’eau est dure comme sur un négatif Agfa

fugace impression de pierre et de dentelles avant l’église

 

dimanche matin de tuf et de basalte des bénitiers de lumières

je prie, minerai et fluide entre les tempes, une onction alternée des phases électriques.

 

je ceinture la pensée d’un diadème d’eau de roches

tout ce qu’il faudrait pour me laver des migraines

 

et pourtant, même à dose homéopathique, les dieux ne vident plus les cinabres de carotide.

on passe les remèdes sous la table comme un pougnon

fraude philosophale. or ne change pas, transmutation magique des images en saints de porcelaine dressés comme des pylônes sur ma poitrine en marbre froid.

  statuettes des mânes de ma vie

je les aligne par ordre de décadence sous le porche de mon imaginaire.¨

grossièrement dit.

 

«  surtout pas toi »  que j’ajoute « à la partition des fautes… »

 

 

**

 

Série noire.

ô cette pérennité des souches quand l’arbre est amputé de ciel

je suis des racines qui renâclent à desserrer l’étau de terre.

je fixe encore des orbites de sciure mon profond univers.

 « le néant n’a qu’à bien se tenir… »

 

et ce regard dur et droit des troncs tranchés pointe des prières lentes et secrètes que ne méritent pas les dieux

et pas non plus les hommes.

 

que devenir, le printemps sans floraison et blessures oranges

que devenir, mes ombres qui cherchaient chaque été leur ramure

que dire,  demain d’avoir laissé faire

 

les esprits ont fui avec une faim triste les marges du jardin

et dans l’étouffement gris des solives célestes, je sens une brisure capitale, fracture des espaliers du bonheur.

 

**

 

 textes dédiés à G. Merloni pour la distribution de secousses amicales et encouragements ce jour

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