poematique expiraTOIre
"je l'aimais déjà, bien à l'avance..." me dit-elle
pourtant nul besoin d'aucune séduction. il y avait ces atouts entre ses mains et pas des moindres... oui ceux-là: ses défauts, ses tares, ses manques qui m'étaient essentiels. ses laideurs de l'âge, ses traits en décrépitude, ce sale caractère, cette suffisance épineuse.
toutes ces normes qui classiquement vous empêchent à l'amour mais qui en fait ont été le contrefort de mon élan.
grâce à elles, oser approcher, grâce à elles, faire un pas...
l'inaccessible s'est montré à portée de moi, moi dont je sais depuis toujours parce qu'on me l'a ressassé que je fais partie des indignes. les critères de non-séduction m'autorisèrent à tenter la chance. l'amour pouvait prendre forme.
alors aimer tout ce qu'il était, toutes ses disgrâces libèraient un désir plus puissant encore que l'aurait pu la beauté glacée.
ce n'était pas de cette chair vieille qu'était sorti l'amour, non. c'est du fonds de sa nature, d'une fraternité de désirs si semblables, du monde que je voyais dans son oeil et qui était ce que je cherchais, d'une manière de faire claquer les courants d'air, du parcours qui était mon chemin sans doute aussi..
"le cercle sur lequel je révolutionnais était le sien" je crois du moins... il n'a pas pardonné ma jeunesse. on ne refait pas l'histoire.
"vieux con ...". dit-elle.