poematique expiraTOIre
Longue semaine sans histoire. Sans autre histoire en fait que celles que l’on écoute les yeux clos.
Toujours le même pays adossé aux mêmes collines et forêts, le même lac en bas, les mêmes gens qui reviennent et me saturent.
Ces êtres dont je reconnais la nature, les intentions mais rarement les figures, comme si nos rendez-vous n’avaient lieu qu’entre nos sommeils ou nos communs désirs. Ils ont des visages irréalistes et pourtant immuables, des regards identiques. Leurs personnalités sont plus poreuses que du buvard et je sais que ce sont eux, mes mêmes fantômes, je sais tout d’eux sans le moindre doute.
Ainsi l’homme aimé qui échappe toujours de la même manière à mes désirs, les autres autour sans nouveauté de circonstances. Chaque nuit de ces rêves-là reprend des codes qui varient peu mais refont avec l’imaginaire endormi d’identiques toiles et de pareils scénarios. Revivre ainsi à chaque fois, l’abandon.
Et puis cette sensation reprise aussi au réveil d’une nostalgie puissante pour une vie rêvée et irréelle…
Pourtant.
À chaque nouvel épisode, je me sens issue d’une histoire plus profonde en moi et qui revient mettre sa décalcomanie sur le présent aux contours floutés. Les mondes se superposent. Strates de mémoires, strates de vies. Mon histoire.