poematique expiraTOIre
c'est une maison. ni vieille ni neuve, portant son âge, temps où des "pedzous" accédaient à la propriété à la sueur de leurs économies, où le rêve du meilleur semblait chaque jour se concrétiser pour des enfants qui avaient été toujours à deux doigts de la misère.
cette maison, là, avec son passé sans joie et sans éclat, défigurée dans tous les coins mais saine et charpentée, sans faille sans nasse humide sans salpêtre. et avec cette laideur conquise par les ans et qui la rend intenable...
je l'habite. elle a changé déjà. elle se laisse faire, vieille bête réclamant de l'attention.
pas envie d'oublier totalement ce qu'elle fut. certaines traces semblent pouvoirt être sublimées. escalier de granit compressé, barrière caoutchoutée, céramiques fleuries et carrelage mosaïque. je sais exactement l'impression que tout cela fait: comme un petit saut dans un passé proche.
lentement au continu des jours j'espère améliorer ainsi l'intérieur, réunifier les parties désolées, faire des échos. un ensemble de pièces qui se tiendrait du haut vers le bas comme un arbre bien taillé en expension de ciel.
et puis dehors, là où l'imaginaire est bloqué par le passé encore vivant, jardin et verger, peut-être oser d'autres repères d'autres buissons et d'autres chemins, ceux d'un regard sans le moindre souvenir