poematique expiraTOIre
je n'ai pas d'univers. ce serait trop pour moi. pas de monde non plus. comment ferais-je, quand je me subviens à peine à moi-même. pas de jardin secret, de maison. peut-être une chambre et encore, la seule qui soit mienne est perdue quelque part entre mes tempes, trou vite fait pour lorgner par la serrure. pas d'univers à mettre sous ton regard, de foison d'étendues, de soleil aux piments, pas de zoologie ni de mer ni de monts. ma rivière n'a qu'un pas à franchir. il ne fait jamais chaud ni jamais froid. je traverse mon ciel de l'empan d'une main. non, je n'ai pas d'univers. mon église est un simple portique, mon chemin un escalier profond forant mon coeur vers des sources improbables. je suis fente étroite, un carreau dans un tamis céleste, cet éclat minuscule qui dort dans mon oeil