poematique expiraTOIre
Il y a dans le parc un grand bateau invisible. Un cargo, un tanker un bananier. Que sais-je ? Un bruit étrange de conque régulièrement traverse les tilleuls. Je cherche les embruns entre des fétus de maïs et des bordures de ricins. Un ticket de voyage, un billet pour la mer… Il fait si beau encore et tout ce rouge qui mûrit dans le port.
Il y a dans ma maison une cantatrice invisible. Elle monte monte le suraigu entre des silences et des verres de cristal. À s’exploser la chaudière. À me fusiller les tympans et mes coups de théâtre. Diva des bas-fonds, ordinaire sirène des radiateurs. Elle me surprend chaque jour à glapir parmi mes fantômes. Ulysse l’entend sûrement quelque part et remonte le froid pour un baiser de chant.
Il y un lapin dans mon bureau, un lapin sauteur, un lièvre un kangourou. Il bondit sans cesse tressaute, gesticule comme un tape tape haïtien dans les chemins d’Alice. C’est un son arythmique, lunatique imprévu des hauts et des bas entre table et armoire entre portes et battants petits plocs des appliques, mouche râblée dans le piège d’un fusil de lumière.
Il y a un gong dans le temple zen de mes méditations. Un gong sec qui chute comme un vieux sou dans une écuelle de bonze, un gong sans Everest, sans ruban sans yéti un gong de fer blanc de plastoc qui se gonfle à l’improviste. Il secoue mon tapis de prière, mes lotus agenouillés…il fait un son de bazar : doooong ! you have got a messageeeeeee… ;-)