poematique expiraTOIre
je ne manquerai pas. c'est sûr.
ça va leur faire de l'air, du frais, du naturel. pas comme mes torchées d'immondices, mes pensées, mes révoltes de Gorgone, Méduse ventueuse, les idées inabouties et poisons.
mon manque de savoirs ivres!
il parait que je suis jalouse... c'est l'argument qu'on assène aux gens qu'on croit petits, qu'on dit petits qu'on veut petits. jaloux, ils sont! vraiment? en comparaison de quoi ou de qui? se pose-t-on seulement la question et n'est-ce pas rabaissement subtil que de faire des gens comme eux -et moi -juste et surtout des jaloux?
c'est sûr que je ne sais pas vivre. que c'est sans fin un brouillon tandis que l'encre se dépose lentement dans leurs papiers après des instants de silence, des respirations, une musique peut-être bien.
je m'exerce à vivre. je vis cet exercice. je rature je défais je questionne. je ne suis pas portée par l'expérience.
j'essaie. je retourne tous les coins de la feuille. c'est ma méthode, pas forcément la meilleure, pas forcément la plus adéquate, mais c'est celle que j'ai dans ma main. celle qui est selon ce que je peux, selon ce que je suis en vérité.
je creuse, je cherche, j'orpaille quoi... parfois je me dis que c'est ça la nature de l'écrivain. il ne saurait en être différemment. c'est sa spécialité d'interroger le monde et les hommes au travers de son tamis, la batte qu'il secoue...
la lucidité que j'applique sur mes propres gestes, la distance que je sais prendre sur ce que je fais, écris, réalise, pourquoi soudain n'existeraient-elles plus dans ce que je perçois des autres parfois?
le doute, ce doute qui est le moteur de toutes les questions, tous les approfondissements, instillé, jeté sur mes mots, finit d'alourdir la solitude.
je regarde ce que j'écris, ce que je dis ce que je tente de mettre à jour et une envie de tout mettre au feu me ronge.
me sens coupable d'être tellement indigne.
ne me manquerai pas, je crois