poematique expiraTOIre
Ouvrir la fenêtre. Respirer un vieux froid qui entre, un froid mouillon qui ne respire ni la terre ni le goudron ni l’herbe. Juste le froid, le collant froid qui se glisse par en dessous ou dedans. Je me colle au radiateur, la fenêtre haute à hauteur des yeux, le front dans la glacière du vent, le ventre dans le four. Combinaison spéciale pour me préserver des intrusions virales. Mettre le nez dehors. En effet rien d’autre.
Je ne sais pas si l’île est un terrain de jeu ou une étendue qu’on ne peut dénombrer. L’immense intérêt qu’elle a c’est le fini. Elle s’arrête partout. Elle n’a pas de suites, pas d’imprévus. Elle stoppe. Elle stoppe assez vite pour que je le sache, le perçoive, le ressente. Avec l’île, j’atteins le cadre, le bord du trou dans le mur, ce trop grand inhumain. Je conçois que ça s’arrête. Je touche l’orée, la frise, la limite. C’est la lisière sur laquelle le doigt peut se poser. A l’opposé, l’infini que je ressens est le vide fait en rappel. Je ne sais pas jusqu’où la corde va me tenir. Mais je sais qu’elle s’achève, que c’est la loi et qu’il n’y a aucune chance pour que je n’arrive jamais à bout de l’aplomb. La corde passera le piton. Je la verrai glisser et j’ouvrirai infiniment la bouche sur mon effroi.
Ce sera me planter dans la chute.
Tandis que l’île restera toujours ce marcher sur la frontière. ne serait-ce d'ailleurs plus simplement que l’idée de la frontière et de l’arrêt.