poematique expiraTOIre
je m'invente.-est-ce que j'existe au fait-. un vernis sur des bribes et des morceaux. puzzle femme avec ou sans chapeau. je m'invente. et puis tout ce pays derrière moi au sourire enigmatique, cette perspective, ces couleurs venues de je ne sais quelle palette triste. je m'invente. cet atelier, cet établi sur lequel je ponce mes taches et des salissures, ces pots ces huiles et ce parfum acide de sciure qui plane. je m'invente. puisée brassée touillée cherchée entre des poudres ou petite eau dans les verres dépareillés du temps. je m'invente. saisie entre des pinces plates des truelles et la terre par poignées jetées sur les krafts vifs. je m'invente. colle et cirage dans la glu, le sol, la poix d'un ciel de mélèze. je m'invente. comme un fugace flou, une traverse informe dans le calumet d'un cerveau désirant, comme un mot sur la langue qui n'a pas coupé ses ailes. je m'invente. dans l'embout rouge d'une Marlboro, loin des doigts loin des fièvres éclaté signal au- delà d'une étoile. je m'invente. d'une autre vie une fraction d'éternité où un ange y aurait songé. de rien à riens