poematique expiraTOIre
je me pince. je crois que ça vient. je sens que je suis raide, que c'est tout sauf de la vie et qu'il y a du givre. sous les veines. je verglace en spontané, léger différé peut-être. le temps de sentir ces incarnations de gel irradier mes jambes, mon ventre. floraison par la terre des feuillages de glace.
je crois que je sens. la peau s'alourdit définitive incarcérée dans la tôle, dans la pierre peut-être, dans la pierre sûrement. le corps ne parle plus que le langage du sable. il goûte à l'ensevelissement sans douleurs.
il prend une place imaginaire considérable. ses pourtours ne sont sont plus que des illusions de forme et de dimension. je le dessinerais du doigt, comme un gros lange de béton, une borne couchée et mon cerveau tout au bout, frileux bouton de lumière dans l'index de l'ovni.
je crois que sens mes poumons qui ne cherchent que lentement l'air. par lampées de lichens. le coffre n'a que peu de marge de dilatation, un millimètre peut-être. remplir le seau, le verser dans le thorax. puis vidanger longuement ce peu de ciel.
fatigue de la steppe dans laquelle je veille, incluse, encastrée.
je crois que je sens la paix des morts, la paix sans culpabilité des morts. ils n'ont rien à écrire, rien pour écrire, enfin... je crois. je ne peux que laisser faire cette lente assimilation à l'autre pays, imbrication sans lutte, entre cette conscience étourdie et ce sommeil grouillant des sépultures.
la nuit monte et c'est dimanche