poematique expiraTOIre
c'est pas marqué la nuit, pas le sombre dans lequel t'ignorer et toi m'ignorant.
pas marqué les yeux clos, avec derrière ces autres peaux pour mieux nous faire jouir, des rêves anciens, des désirs déjà visités et rendus par là-même tellement probables.
c'est pas marqué dessous, dessous les draps, dessous ton enveloppe, tes ailes dépenaillées. et moi en creux dans la barque du moment.
pas marqué le silence, sans un mot, un prénom, sans aucune de ces virtuosités grossières qui sort dans le rut et la conquête. pas les lèvres serrées, chacun dans son mystère.
pas marqué tout fait, tout dit, tout tenté, alors finissons-en avant de prendre froid. à peine s'il faut s'attendre pour s'échouer vaincus.
non.
mais écrire l'autre histoire, celle du soleil, du jour, de la manière de l'accrocher aux yeux.
l'histoire qui embrouille les langues et les mots. le sens de les dire, les non-sens aussi. ceux qui sortent comme des branches dans le flot des courants.
l'histoire de chercher l'air, les excès de l'air qu'on respire trop vite par lapées jusqu'à des ivresses et des vapeurs. saoulerie de corps et de sexes.
l'histoire des rythmes, des tournures, des pas, des volte-faces des arrêts sur demande, des taxis sans compteur.
l'histoire de ne plus bouger ensuite en fixant le plafond. et de répéter "cette mort est trop vivante cette mort est trop vivante..."jusqu'à ce que le ciel se couche encore une fois.
écrire quelque chose comme ça. pour que cela arrive... " si je n'atteins pas l'autre bout de la rue avant que passe une auto noire, je suis morte...! et courir courir vite....