poematique expiraTOIre
j'aime ce moment neuf, cet instant si variable, si fugace où s'ouvre sous la fente de la chambre des mystères une orée de lumière. une trace passe, fragile sous la porte lointaine. l'aube arrive. glisser l'oeil là-dessous... je suis dans un long corridor, l'enfance accroupie. qu'y a-t-il dans l'autre versant du monde, passé ce cadenas éternel? que sont ces bruissements, ces vergers de vents imaginaires, ces fauves au bois? que se passe-t-il au-delà que l'on me cache? et pourquoi donc ici, tout semble n'avoir encore jamais commencé.
j'aime revenir, les pieds nus, la chevelure lâche et le corps transparent, regarder monter ce fleuve blanc qui jette pourtant tout autour et au fur et à mesure mes murailles et l'aride quotidien. porte muette, close sur l'autre espace dans lequel j'en suis si sûre - gamine sauvage-on cultive avec amour des jeunes filles et des jupons de fleurs.