poematique expiraTOIre
j'écris. je crois.
j'ai l'idée que je suis moi-même inscrite, décrite, cryptée furieuse sauvage. j'écris avec cette sorte de foi, immense indescriptible que l'écrit fait, échafaude, grave, envisage, qu'il procrée et projette le monde. j'écris avec cette conscience lourde de conséquences que chacun de nos mots est du mortier solidifiant l'ossature de la vie. j'ai honte souvent d'en user avec cette colère, ce drame incessant qui se joue au- dedans de moi et qui veut me voir mourir. j'écris en espérant me tuer ainsi, et en espérant vivre quand même. comme un défi que l'on jette à la face de Dieu "fais-moi vive si tu le peux!" je jette des mots durs, des injures parfois pour justifier et faire revivre cet unique instant qui m'a fait saisir tout à la fois que je l'avais trouvé et perdu, dans la même fraction de temps.
j'écris quand même - je ne sais pas ce qui de ma joie ou de ma mort gagnera sur le réel. mais quand je déclare sans fin l'amour, je contribue sciemment et c'est mon travail d'écrivain à enrichir l'imaginaire du monde.