poematique expiraTOIre
Grande passoire que le ciel… sans cesse l'essorage des salades célestes. On entend le cri de Fukushima nous couvrir de sa buée noire. Le long chemin de la souffrance de Géa tourne sur nos têtes et nous voile de son frisson. Les maux dont on ne veut pas mourir sont reconduits de jour en jour et les tragédies jettent des cernes sous nos yeux. saisons malades, ces esplanades de souffrance tirant vers des fins douloureuses interminables.
il suffit d’une seule phrase pour guérir, d’une seule pour mourir. Les choses restées suspendues s'appellent les limbes dont on ne peut jamais sortir. C’est un territoire duquel la vie est exclue et la mort pareillement. Suspension dans une antichambre sans nom. Oubliettes mauves, semences des peines d’aucune appartenance. ce n’est pas le non-sens, c’est l’ab-sens, a privatif, comme si cela n’avait eu aucun début et n’allait vers rien. Ne pas croire que c’est une absurdité. C’est le milieu des eaux du monde, voudrais-je imaginer. celles du Nord, celles du Sud, sans chemin.
Il fait encore un peu nuit et pas jour non plus. Frontière propice. Je suis prête pour la danse. Le corps s’apaise dans le velours étranger d’une langue dont je ne connaîtrai jamais le secret. le chanteur semble prier. Je me dis que c’est comme ça que Dieu doit l’entendre, comme moi, sans le moindre sens ne touchant son esprit et tout de ces sons harmonieux. Je traduis, oui... suis le bon traducteur de cette langue inconnue dont je sais instinctivement le miracle. Et ma danse est le seul écrit qui lui convienne, la transcription exacte de sa signification