poematique expiraTOIre
Prendre le temps dans la pince monseigneur. Le trancher. Toujours plus près. À la seconde près. Imaginer ce diagramme en forme de gâteau, lacéré avec un couteau multi-lames, comme celui dont se sert le fromager pour égrener le lait caillé. Le temps, sectionné de partout, dans tous les sens. Grands, moyens, petits carrés. Oui, minuscules carrés les uns à côté des autres. Chaque monde unique dans la géométrie du Temps.
Maintenant se rapprocher, mettre l’œil dessus, tout à fait dessus et comprendre : ceci est mon temps (tandis que défilent les clones sans que l'on n'en sache rien). Illusion. Plus je m’approche moins je perçois d’universel, plus je m’éloigne moins je crois avoir du sens. Quel présent dois-je donc vivre, maître zazen ?
Je patiente aujourd’hui. Comme tout un chacun, je sais que la vie se fout pas mal de ma patience. Elle a toujours bien assez d’autre chose à fiche. Je suis ainsi comme une ouvrière à l’emballage des pralines chez Chocolat Cailler, espérant soudain voir advenir un Apéricube sur le tapis roulant.