poematique expiraTOIre
un paysage ou alors un accroc, vue du ciel, vu de loin... râclé, étiré du bas vers le haut ou alors comme des ricochets de pigments et d'eau venus depuis les côtés... ça glisse tout en laissant partout des soubresauts de terrains défaits... par-dessus, les fuseaux d'une drôle de lumière, un couvercle, un toit, un volcan... quelque chose en suspension comme si le mouvement s'était mis en route il y a longtemps et qu'il n'allait pas atteindre son but avant la fin des siècles.. et les palettes de couleur d'une solitude eunuque, une terre déserte dans laquelle s'est fichée cette tour vagabonde... je regarde avide de l'histoire, je voudrais être assise et que l'on me raconte ce qui se passe derrière, car tout est ainsi qui me tient en égarement, à savoir cet essentiel tout derrière..
mais je ne saurai le comprendre ni le dire ni le faire jamais surgir. je voudrais remonter le courant tirer le film à l'envers, voir les jus s'éclipser les pâtes s'enlever voir la toile brute... peut-être lire là le secret intime du travail, le premier jet, peut-être des mots la formule magicienne qui va permettre à quelque chose d'être maintenant sans parole... l'énigme que je ne peux pas comprendre , à deux doigts de s'éclaircir mais à jamais opaque.
et puis de remonter la main le bras, de voir bouillir l'émotion et puis le chemin de la moelle dorsale le creuset du cerveau,l'instant clic... ce pourquoi peut-être en voyant une affiche, un oiseau, un roseau ou une femme qui passait, un tableau a pris le chemin d'apparaître.