poematique expiraTOIre
que jamais l'on ne se soit vu, que ma voix n'ait jamais atteint votre oreille, ma main vos cheveux, vous et moi, internautes, n'en sommes pas moins réels.
nous sommes tous - pratiquants de la bécane-, des êtres réels. il n'y a que la rapidité de l'échange qui tient de la virtualité. l'échange lui est parfaitement authentique, le lien, la présence, la correspondance pareillement. mais ce flux ultra rapide rend les choses comme impossibles, puisqu'humainement irréalisables donc on les dit virtuelles...
le difficile est de ne pas rendre l'humain, produit de la machine, ou conséquence de la machine. je n'existe pas parce que votre machine m'a créée, non (ce serait alors de la virtualité) ...la machine a juste révélé mon existence comme un faisceau de lumière ou de mots.
nous ne sommes pas des éléments qu'on peut effacer. on ne peut pas tirer la prise et soudain se dire que cet autre n'existe pas, qu'il n'a jamais existé, parce qu'il est sorti de l'écran.
c'est un véritable piège qu'internet puisse permettre ou autoriser ces petits -ordinairesdelete- et que l'on se sente dans son droit et sa légitimité que de le faire à notre guise. nous avons affaire à des personnes. les traiterions-nous ainsi s'ils étaient présents dans notre vie...?
le mal induit est d'une grande violence qu'on banalise et qui procure autant de deuils impossibles à achever comme dans des cas de disparition sans laisser de traces.