poematique expiraTOIre
petite araignée de sol qui revient ainsi chaque matin, traversant le parquet pour un tissage d'elle seule connu. pattes fébriles moulinant l'air au ras du sol, elle passe systématiquement sous mon siège, comme tentée par un vertige de mort, une provocation quotidienne, narguant de son parcours, mes pulsions de peur et de liquidation.
des semaines qu'elle me teste, ignorant toujours à quelle folie elle se confronte. David ne pourrait pas atteindre cette fois le front de Goliath. je pourrais l'écrabouiller.
petite araignée, devenue second animal familier de ma maison. le chat et elle, cette demoiselle boutiqueuse, chinant l'espace des traces invisibles et nécessaires, régulièrement attirée sans doute par la chaleur de ma présence.
la voir désormais me rassure sur moi-même. elle vient faire résonner dans ma chair un naturel sociable un peu plus important et meilleur qu'en apparence.