poematique expiraTOIre
c'est une longue robe, une toile de parachute, gris sans mousse et sans moire qui enfle au vent. une robe lisse sans dieux ni diables qu'on imagine toujours perchée au moindre coeur volant, une enveloppe fine légère, sortie du catalogue été des amours soldés, bretelles à même l'âme, des attaches graciles pour ne pas blesser la peau et rien de motifs qu'un bouton pression qu'elle garde sur le corsage. une robe translucide avec deux jambes qu'on dirait s'évanouir, fuyantes derrière les lumières faisant leur théâtre avec des gestes de loup et pas de mots autour. elle s'enroule au moindre souffle, se froisse, se déchire, un étendard nu pour des jeux barricades..c'est une robe qui traîne dans la nuit, qui épouse et repousse comme si elle n'avait que le choix de suivre des marins. parfois certains matins je dézippe mon corps et je la contemple dans les vieux froissements de ma chair, comme on contemple ses souvenirs et les photos jaunies des temps aux rayons X