poematique expiraTOIre
ma demeure a une ombre juste au milieu, un corridor noir où savatent les anciennes souffrances, les vieux cancers menés en solitaire, avec des potions d'amertume à prendre matin et soir et des baromètres fiévreux.
dans ces murs, des cris, des pleurs chuchotent, de hautes idées aussi qui stagnent au plafond, la fumée bleue des Gauloises et l'encens de ma mère.
la maison chante. elle a un poumon de diva et les tuyaux vibrent de contre-ut en contrebasse, certains jours, certaines heures où je suis à nouveau la fille à papa. j'écoute, comme j'écoute craquer la mort dans la salle de bains, là où s'est rompu le fil de vie de mon père. parfois je ne sais pourquoi il revient dans les ampoules, le bois raide des placards et me fait la leçon pour le reste de la nuit- je répète mon livret de 8 et mes conjugaisons latines.
redevenir enfant passe par des cours par correspondances posthumes. j'ouvre le livre de contes, me remet à nos histoires. je formule une sorte de bonheur d'outre-tombe avec des frelons et du vin de lumière. l'été,
je sors oublier la mort sur le parvis et dans le jardin. un carré nappé, un pique-nique de couleurs. et mes guiboles dans l'herbe je racole pour faire monter les prix et le talent.